Le piteux doit être mis au piquet

Par Dominique le 19 août 2011

Dans cette époque où l’interdépendance entre le tout et le grand n’importe quoi n’a jamais été aussi forte, ne croyez-vous pas qu’il serait temps de réagir ? Pas vrai, José ?


Je commence par une précision. Elle fait suite à ce commentaire qui m’est parvenu concernant mon blog du 17 août. Partant du postulat que tout avis est respectable pour peu qu’il soit formulé avec la modération et la correction seyant à la liberté de parole et à la confrontation d’idées – ce qui était le cas –, je répondrai à mon contradicteur que j’ai toujours eu pour principe de n’être aux ordres de personne, que cette indépendance d’esprit dont j’aime me prévaloir, qu’il s’agisse de la « famiglia » D’Onofrio ou de qui que ce soit se réclamant de près ou de loin du football belge, ne m'interdit pas d'aborder avec humour, succinctement parfois et, pourquoi pas ?, avec subjectivité les sujets que je décide de traiter. S’agissant dès lors du reproche qui m’est fait à propos de mon silence sur les derniers agissements de Dominique D’Onofrio, je n’ai tout simplement pas jugé bon d’en parler en raison d’un manque d’intérêt total pour cette histoire qui, de toute manière, ne rendra pas au Standard ce qui lui a manqué le plus jusqu’à présent : la beauté, le plaisir et l’intelligence du jeu. Et mon indifférence n’a rien à voir avec la prétendue sympathie que pourrait m’inspirer le Liégeois. Quant à l’antipathie que j’éprouve pour Georges Leekens, que les choses soient claires une fois pour toutes : mon allergie est réelle pour cet incompétent, qui, tout récemment encore, a cru bon de sous-coter le plus grand talent du football belge par le biais d’une oukase rendue très tardivement publique afin d’en médiatiser la portée à l’excès et qui, au lieu d’essayer de nous rassurer sans cesse sur ses bonnes intentions, ferait bien de se rappeler que l’enfer en est pavé. Je demeure bien entendu un supporter acharné des Diables Rouges. Dois-je pour autant éviter d’énoncer à leur égard les vérités qui fâchent ? Nullement ! Après le donjuanisme dont Georges Leekens use et abuse pour vendre sa soupe, l’heure du Commandeur sonnera. Le réveil en sera d’autant plus pénible. Le piteux sera alors mis au piquet. D’ailleurs, voilà également ce que mérite José Mourinho. Je tiens le Portugais en haute, très haute considération. J’ai même pour lui de l’admiration. J’ai la naïveté de croire, en effet, que tout ce qu’il touche, il le transforme en or. Il y est parvenu avec le FC Porto. Cela faillit l’être avec Chelsea. Il l’a fait avec l’Inter Milan. Je suis convaincu qu’il réussira aussi au Real Madrid. Mais cela lui donne-t-il pour autant tous les droits, à commencer par ce recours frénétique à cette hystérie insane qui le fait dévisser chaque fois que son équipe affronte le FC Barcelone ? Un jour, tout cela ne pourra effectivement que mal se terminer. Le comportement de José Mourinho ne finit plus d’envenimer les rencontres entre les deux grands clubs espagnols. Nouvelle sortie de route mercredi. Bardaf, c’est l’embardée ! Heureusement, l’heure tardive de ce match-retour de Supercoupe a empêché les enfants de voir ça, c’est-à-dire tout ce qui ruine la crédibilité d’un individu et la morale d’un sport. L’urgente nécessité d’encadrer de garde-fous une machinerie déréglée, exposée à la tempête et promise au naufrage si on n’y prend garde s’impose plus que jamais. Je m’en étais ouvert récemment en déplorant la manière dont Jacky Mathijssen avait cru bon d’agir envers deux arbitres tandis que son équipe, le Beerschot, préparait sa saison (voir mon blog du 8 août). L’Anversois, qui a été sanctionné entre-temps par trois journées d’interdiction de stade (décision inédite !), a cru se rendre intelligent en faisant appel de ce jugement. Somme toute, c’est de bonne guerre. Au lieu de se perdre dans le vaste dédale d’une procédure administrative qui ressemble à un mausolée tant nombreux sont ceux à y avoir vu leur crédit enseveli (enfin, sait-on jamais !), Jacky Mathijssen aurait été mieux inspiré d’écouter, mais surtout d’entendre le dénommé Gordon Taylor. Dans une interview qu’il a accordée à une chaîne de télévision, le patron du syndicat des footballeurs professionnels anglais osait un parallélisme audacieux (quoique… – voir mon blog du 15 août) entre le désœuvrement qui s’est exprimé d’une façon violente dans son pays et la conduite des joueurs de Premier League, estimant que ces nantis dont le salaire hebdomadaire frôle des montants astronomiques doivent être irréprochables dès l’instant où ils endossent leur tenue d’homme public. Entendez une réelle maîtrise de soi en toutes circonstances. Faute de quoi ? Eh bien, ils ne remplissent pas leur rôle. Ils donnent le mauvais exemple. Gordon Taylor n’a rien d’un opportuniste surfant sur les vagues de l’actualité pour faire parler de lui. Son discours est celui d’un homme responsable, pas celui d’un vulgaire ronchonneur aviné de pubs, préconisant à l’emporte-pièce des remèdes pires qu’un mal, un péril avérés par une époque où l’interdépendance entre le tout et le grand n’importe quoi n’a jamais été aussi forte. N’est-ce pas, José, Jacky et les autres ? A méditer !

Dominique              

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