Le Racing Genk cocu deux fois ?

Par Dominique le 31 août 2011

Mario Been fut un footballeur très prometteur, l’un des plus doués de sa génération : il n’a pratiquement rien gagné. Mario Been est devenu ensuite un entraîneur dont on n’a jamais cessé de louer les méthodes de travail : il vient d’être mis à la porte par ses propres joueurs. Or, c’est lui que le Racing Genk a choisi pour succéder à Franky Vercauteren. Alors, les Limbourgeois ? Cocus deux fois ?


Un entraîneur s’en va. Un autre s’en vient. A Saint-Trond, Guido Brepoels a payé au prix fort le début de saison complètement raté des Limbourgeois. Un point sur quinze. Un quatrième revers, plutôt lourd, à Courtrai. La pire défense du championnat. Des transferts – dix, si je n’oublie personne – dont on ignore en définitive toujours quoi penser, à l’instar d’Alessandro Iandoli, peut-être surestimé, du Néerlandais Reza, dont la prise de risques n’est pas toujours opportune, du Tchèque Ondrej Smetana, qui n’est rien d’autre qu’un réserviste, ou du Brésilien Bruno Andrade, gravement blessé pendant la préparation. Bref. Tout cela n’a guère arrangé les affaires de Guido Brepoels, nommé au Staaienveld lors de l’été 2008, viré sans ménagement ce mardi, dans le courant de la soirée. Le conservatisme frénétique n’a jamais été du goût des dirigeants de club, eux qui préfèrent les solutions radicales ritualisées à une sortie de crise réfléchie et, forcément, peu démonstrative. Le dénommé Mario Been en sait quelque chose, lui qui fut juste bon à être jeté aux chiens après avoir subi un vote de défiance de la part de ses propres joueurs. C’était le 12 juillet. En poste au Feijenoord Rotterdam, le Hollandais était poussé vers la sortie par un effectif lassé, prétend-on là-bas, de ses méthodes de management trop laxistes, d’une ironie de plus en plus mal perçue, redescendant cabossé de son piédestal après qu’il lui eut été publiquement reproché de s’intéresser davantage à ses performances au golf plutôt qu’à celles de son groupe. L’an dernier, le Feijenoord Rotterdam a achevé la compétition à la dixième place, comptabilisant douze défaites. Aujourd’hui, Mario Been débarque à Genk drapé d’une évidente bonne volonté – c’est le minimum – et d’un sens indubitable de l’intérêt général. L’une et l’autre consistent à faire en sorte que les Limbourgeois honorent leur rang de champion national, au niveau belge naturellement mais aussi à l’échelon européen. Vexé par ce qui lui est arrivé au Feijenoord Rotterdam, Mario Been serait avide de revanche. Son entourage l’affirme. L’intéressé ne dément pas, pas plus qu’Herbert Houben, le président de Genk, et Dirk Degraen, son bras droit. Vous attendiez-vous à un discours différent ? En ce qui me concerne, je ne veux pas être désagréable avec Mario Been mais j’ai mes doutes à son sujet. J’avais rencontré le joueur lorsqu’il évoluait à Pise. Il y fut le partenaire de l’Anversois Francis Severeyns, qui, pour l’anecdote, effectua un passage plus qu’éphémère par le Calcio à la fin des années quatre-vingts. Mario Been véhiculait à cette époque l’image d’un hyperdoué. Il avait vingt-cinq ans. J’ai seulement croisé la route d’un type charmant, dont la carrière s’est surtout bâtie sur malentendu entretenu grâce à une philosophie innée des relations publiques : le Néerlandais n’a jamais confirmé les espoirs suscités par un talent pourtant incontestable, mais rapidement dilué dans un dilettantisme coupable. Vous en doutez ? Décortiquez son palmarès. Depuis ? Eh bien, j’ai tendance à croire que le temps qui s’est écoulé n’a, visiblement, pas permis à Mario Been de sortir vainqueur de ce jeu de dupes qui, jusqu’à présent, lui avait fait promettre beaucoup pour, en définitive, donner (très) peu. Ce qui, curieusement, n’est guère évoqué dans l’éloge médiatique dont il fait l’objet depuis son intronisation à Genk. Le Néerlandais n’est pourtant jamais qu’un second couteau, un troisième voire un quatrième choix. On prendra probablement du plaisir à se rendre à ses conférences de presse mais en éprouvera-t-on également à assister aux rencontres de son nouveau club ? Le précédent ? Il s’est fait éjecter de l'Europa Ligue par La Gantoise, ce qui compte tenu du niveau de jeu développé ensuite par les Flandriens dans cette épreuve était déjà du plus mauvais effet. Le précédent ? Il a affolé les statistiques aux Pays-Bas le 24 octobre dernier, en s’inclinant de façon retentissante (10 à 0 !) face au PSV Eindhoven. Le précédent ? Après cette défaite, le Feijenoord Rotterdam totalisait à peine huit points en dix matches. Inacceptable pour une formation de ce calibre. Qui semble s’être très bien remise du départ de Mario Been, soupçonné d’ailleurs de plus songer à monnayer des interventions dans des colloques d’entreprises qu’à peaufiner ses séances d’entraînement. Et que dire de son prétendu manque d’implication à propos de la formation des jeunes, devenue, faute de moyens, une obsession pour le Feijenoord Rotterdam et dont le Racing Genk, par vocation, a fait une manie ? Lorsqu’il apprit le sort qui lui avait été réservé, Mario Been avoua être tombé de haut. N’a-t-il tout simplement pas scié la branche sur laquelle il était assis ? La question consiste à savoir s’il a retenu la leçon…

Dominique       

15:51 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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