Pas d'odeur, l'argent ? Pas sûr...

Par Dominique le 16 septembre 2011

Vous croyez qu’il a fait le bon choix, Jonathan Legear, en signant chez l’autre fou, là-bas, en Tchétchénie ? Moi, je n’en suis pas convaincu…


C’était un tout petit article. Quelques lignes au plus, mais tellement bien mises en évidence dans le haut d’une page qu’il aurait vraiment fallu le faire exprès pour ne pas tomber sur ce chiffre révélé par « Het Laatste Nieuws » : 52, soit le total de cartons jaunes distribués par les arbitres lors de la sixième journée du championnat de Belgique. Un record ? Assurément. Et que le quotidien le plus lu en Flandre est le seul à mentionner : après avoir consulté les éditions du « Nieuwsblad » et du « Soir », j’ai remarqué que les premières faisaient état de 49 avertissements, tandis que les secondes avançaient le nombre de 50. Curieux, non ? Aucun parmi trois des principaux journaux du pays n’a donc été capable de fournir la même statistique. Pourtant, celle-ci ne me semble pas trop compliquée à tenir. C’est juste une question d’avoir les yeux en face des trous. Et de disposer d’un stylo en ordre de marche pour relever ce qui se déroule quelques mètres en contrebas, sur la pelouse. Notez qu’en fonction de la qualité du spectacle offert sur certains terrains, je comprends que ceux qui sont chargés de relater un match ont parfois la tête ailleurs. Cela étant, cinquante-deux cartes jaunes réparties sur huit rencontres, c’est beaucoup. Et je ne vous parle pas de ces agressions commises pendant Standard – Westerlo par Annab (sur Leye) et par Felipe (sur Annab). Bizarrement, le Campinois et le Liégeois ont pu passer entre les gouttes. Or, ils auraient mérité d’être exclus. Car si le Montois Ibou fut expulsé contre Louvain pour ne pas avoir respecté la distance imposée sur un coup franc adverse – ce dont je ne suis pas du tout persuadé –, comment est-il possible que Felipe et Annab n’aient pas été « mis en examen » alors que ce Standard – Westerlo aurait pu virer en boucherie nationale à cause d’eux ? L’Anderlechtois Denis Odoi avait bien été lourdement pénalisé d’entrée, à Louvain, après avoir retourné comme une vulgaire crêpe le malheureux Emmerik De Vriese. Souvenez-vous ! Viré séance tenante, Denis Odoi, sur base de l’application stricte d’un règlement où « sortir des clous » se paiera cash désormais. Ce qui, au demeurant, nous avait été répété à l’époque dans un souci louable de protéger les joueurs et de préserver l’esprit du jeu. Depuis ce que j’ai vu l’autre soir à Sclessin, j’’émets des doutes. D’où ma question : ne serait-il pas temps, enfin, que ceux qui ont en charge l’arbitrage belge fassent en sorte que celui-ci adopte une ligne de conduite cohérente, où les mêmes – vilains – gestes seront sanctionnés de la même façon ? C’est ce qui s’appelle : être conséquent. A ce propos, je ne puis que l’être avec moi-même en voyant Dirk Degraen céder aux provocations d’un supporter de Saint-Trond à l’issue du derby limbourgeois de vendredi dernier. L’autre prétend que c’est Degraen qui l’a allumé. Il n’empêche : la scène s’est terminée en pugilat. Surréaliste en pleine tribune officielle. Dites-moi : est-ce là une attitude que l’on est en droit d’attendre du directeur général d’un club champion en titre ? Bien sûr que non ! Dites-moi : est-ce cela l’image qu’un dirigeant de ce niveau pense pouvoir donner de sa fonction en étant impliqué dans une bagarre que n’auraient pas désavouée deux vulgaires abrutis passablement éméchés ? Bien sûr que non ! Où s’arrêtera ce basculement qui entraîne le football belge dans des dérives de plus en plus inadmissibles ? Les ombres s’allongent. Je suis pessimiste. Je ne m’en cache pas. Plusieurs de mes blogs l’attestent. Les dérapages verbaux de Jacky Mathijssen en avant-saison, la manière pour le moins curieuse employée par Milan Jovanovic pour fêter le but égalisateur du Sporting d’Anderlecht face au Club Brugeois, les « Fukushima – Kawashima » scandés, au Lierse, sur l’air des lampions, par des crétins avinés se réclamant du Beerschot ? Stop ! Assez ! Basta ! J’écrivais ceci récemment : « Le football belge se doit d’éteindre les feux qui, s’il n’y prend garde, le consumeront de l’intérieur » (voir mon blog du 8 août). A Saint-Trond, Dirk Degraen a pratiqué à son tour la politique de la terre brûlée. Il s’est conduit d’une façon que j’aurais qualifiée de risible si la tenue, le crédit et l’ascendant liés à son rang n’avaient pas, du même coup, disparu en fumée. Certes ! On est loin de ce qui se produit dans d’autres championnats, où des joueurs sont drogués aux somnifères (ceux de la Cremonese, en Italie), où d’autres se voient menacés de mort, eux et leur famille (au FC Kuban Krasnodar, en Russie, à l’OFI Crète, en Grèce ou au Sportivo Italiano, en Argentine), où d’autres encore sont littéralement pris en otages, en plein vestiaire, par leur président et ses gardes du corps (à Neuchâtel Xamax, après un nul contre Lausanne), où d’autres, toujours, sont victimes de mesures disciplinaires discriminatoires parce qu’ils ne répondent pas aux espoirs placés en eux (au Polonia Varsovie, notamment). Et Jonathan Legear ? Vous croyez, vous, qu’il a pris la bonne décision en partant chez l’autre fou, là-bas, en Tchétchénie ? L’ex-Anderlechtois a fait un choix : celui de l’argent. Qui, paraît-il, n’a pas d’odeur. On en reparlera sans doute aussi un de ces jours…

Dominique             

13:53 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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