"Super Sunday" ? Imposture plutôt

Par Dominique le 19 septembre 2011 - 1 commentaire

Le football est un très, très beau sport. Une condition ? Il doit être pratiqué par des gens de talent. Moi, j’ai passé tout mon dimanche à chercher leur trace sur les pelouses du championnat belge…


Ils avaient appelé ça, un « Super Sunday ». Qui ? Mais ceux qui avaient acquis les droits de retransmission des trois matches mettant en présence ce dimanche les six équipes ayant participé la saison dernière aux playoffs du haut de tableau. Dans l’ordre d’apparition sur mon écran : La Gantoise et Anderlecht, puis le Racing Genk et le Standard, enfin Lokeren et le Club Brugeois. Pour connaître, un peu, la valeur du football belge, je me doutais que je courrais un risque, celui de m’embarquer dans une affaire foireuse, en acceptant de suivre à la minute près le programme qui m’avait été concocté par un opérateur aussi optimiste que je puis être naïf. Et comment, donc ! Hier, l’envie m’a pris plus d’une fois d’attaquer le rabatteur – radoteur cathodique en justice pour publicité mensongère. Comme quoi, j’aurais dû me méfier. La ficelle était trop grosse. But de la manœuvre ? Attirer le gogo et appâter le nigaud – moi en tout cas, vous peut-être – afin de faire un maximum d’audience. J’aurais dû également me souvenir que cela fait belle lurette qu’un club belge est incapable d’aligner deux rencontres de suite en développant un football de qualité. Bien sûr, je ne parle pas de Genk, grotesque à Saint-Trond, mauvais en Ligue des Champions face aux Espagnols du FC Valence, à peine plus convaincant devant le Standard. Comme quoi, les Limbourgeois ont de la suite dans les idées. C’est déjà ça ! Non ! Là, je parle d’Anderlecht, qui goba tout rond l’AEK Athènes en Europa Ligue sans même se donner la peine de mâcher les Grecs. Je parle du Standard, à la motivation et à la concentration repeintes de frais l’autre jour à Hanovre. Je parle du Club Brugeois qui, face aux Slovènes de Maribor, semblait avoir compris que la réalité du haut niveau exige d’être efficace dans les deux surfaces de réparation, la sienne et celle de l’adversaire. Et lorsque je parle de tout ça, je suis passablement énervé. Vous l’avez probablement deviné. Oui, je suis énervé. Enervé en m’apercevant que ce « Super Sunday » n’avait de « Super » que le nom. Enervé d’avoir été trompé sur la marchandise. Enervé d’entendre toujours le même argument selon lequel, je cite, « les efforts effectués en semaine se paient inévitablement le week-end ». Tu parles ! C’est Gillet qui l’a déclaré, à Gand. Envie de lui tailler un costard, moi, à Guillaume ! Car si je raconte ça du côté de Manchester United ou de Naples, on va me rire au nez. Là-bas, on est tout le temps sur la brèche. Là-bas, et la preuve en fut à nouveau faite ce dimanche, le train ne déraille jamais. Du moins pas pour cette raison qui consiste à évoquer une erreur d’aiguillage entre une épreuve européenne et la compétition domestique, histoire d’éviter ensuite que la critique soit trop dure le lundi suivant. Sommet incroyable à Old Trafford entre les champions d’Angleterre en titre et Chelsea. Pour l’anecdote, les Londoniens se sont procurés seize occasions de but. Cela promet avec les lignes arrières en carton pâte de Genk, les Limbourgeois étant versés en Coupe d’Europe dans le même groupe que Chelsea. Le passage à la moulinette est prévu pour le 19 octobre, à Stamford Bridge. D’ici là, nous aurons encore eu droit à quelques convulsions du plus mauvais effet qui jalonneront ce parcours du combattant m’obligeant à prendre la direction de tel ou tel stade belge. En ce qui me concerne, cette agitation et les spasmes qui en découlent, je les situe d’avance bien loin de cet autre match, entre Naples et Milan qui, après que ce soi-disant « Super Sunday » m’ait tapé sur le système nerveux, m’a rassuré : le football est effectivement un très, très beau sport pour peu qu’il soit pratiqué par des gens de talent. Je me suis littéralement endormi en regardant La Gantoise – Anderlecht. Les trois erreurs défensives qui permettent à Genk de battre le Standard n’ont pas été de nature à m’extraire de ma torpeur, sinon pour constater ceci : en aucune façon, le titre ne peut être la préoccupation du moment pour ces formations qui, de Bruges à Anderlecht, en passant par Gand, le Standard et Genk, doivent commencer par résoudre un problème majeur : celui de leur fond de jeu. D’aucuns se sont par exemple emballés à l’issue du nul blanc arraché par les Limbourgeois face à Valence. J’avais regardé cette partie sur la chaîne flamande qui la diffusait. L’enthousiasme du commentateur, désireux de faire l’intéressant comme un enfant en reprenant les chants montant alors des tribunes, relevait pour moi de l’aveuglement : à défaut d’avoir été capables d’élever leur niveau pour obtenir ce premier point, les Limbourgeois n’avaient-ils pas surtout profité de la suffisance manifestée à leur égard par les Espagnols ? C’est aussi clair que, sans ces cadeaux aussi généreusement distribués par les Liégeois, jamais Genk n’aurait défait aussi sèchement le Standard. C’est aussi clair que si La Gantoise et Lokeren s’étaient appliqués, jamais Anderlecht et le Club Brugeois n’auraient remporté deux rencontres qui, à leur tour, m’offrirent une vision déformée de ce « Super Sunday » qui m’avait été vendu avec un rare aplomb. D’où ma question : pourquoi de petits joueurs se prennent-ils pour de grands footballeurs ? Ma réponse : autant que ces médiocres endossent un rôle flatteur puisqu’on les invite à le faire aussi effrontément. Là, vous pensez : ce type qui écrit, il a l’art de se faire des ennemis. Je vous rétorque : pas du tout. Sans prétendre savoir de quoi je parle, je raconte seulement ce que j’ai vu. Et ce week-end, c’était rien. « Super Sunday » décrété ou pas…

Dominique

 

13:05 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Je veux bien admettre quel es joueurs du championnat de Belgique ont moins de talent que ceux qui disputent les championnat d'Italie ou celui d'Angleterre.
C'est indiscutable et tout le monde le sait. Et le savait avant le début du championnat. Donc vous aussi.
Donc si vous avez cru le message publicitaire (dont vous saviez que c'était un message publicitaire et pas une information neutre) parlant de "super sunday", vous êtes (ou faites semblant d'être) un idiot !
Mais en réalité, vous n'y avez jamais cru et vous saviez que même les matches entre les meilleures équipes belges ne sont pas une garantie de qualité, loin de là.
Alors, malheureusement pour vous, votre indignation ne ressemble à rien et rejoint le piètre niveau du football belge ce dimanche...

Écrit par : Dominique | 19 septembre 2011

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