B. comme Bruges ou comme Bazar

Par Dominique le 23 septembre 2011

Plus de 15 millions d’euros : c’est le montant de l’ensemble de la masse salariale du Club Brugeois. Près de 10 millions d’euros : c’est la somme dépensée cette saison par les Flandriens pour se renforcer. Avec, à la clé, jusqu’à présent, aucun match réellement convaincant de la part de l’actuel leader du championnat. Au fait : tout cela n’est-il pas cher payé pour des divas de ruisseau ?


J’admets n’avoir qu’une confiance très relative dans le destin national du Club Brugeois. A l’heure actuelle, les Flandriens ne m’apparaissent pas comme étant les prétendants les plus aptes et les postulants les mieux armés pour succéder au Racing Genk, au printemps prochain. Je ne dis pas cela suite à leur prestation catastrophique de mercredi en Coupe de Belgique, compétition qui constitue l’objectif déclaré de leur saison mais dont ils ont failli être prématurément écartés par une poussive formation de Dessel. Je n’ai pas eu à endurer semblable spectacle. Dieu merci ! Pas Mbokani. L’Autre. Le Vrai. Le Créateur. J’en ai cependant aperçu quelques images. Bref résumé télévisé. Le front haut de Dany Verlinden, surpris en train de se prendre la tête entre les mains, témoignait moins d’une pensée puissante que d’une calvitie galopante. L’une des – nombreuses – petites mains d’Adrie Koster peinait à accepter l’insigne médiocrité dont il était contractuellement obligé d’être le témoin. Chamboulé de l’intérieur par tant de confusion de valeurs et de vaillance, l’ami Dany ! En fait, rien n’a changé au Club Brugeois. Cette équipe affiche toujours la même incapacité à disputer un match complet. Elle ne cesse d’évoluer par à-coups, comme elle l’avait fait devant Westerlo et à Zulte-Waregem, démarrant à fond sans crier gare, comme à Saint-Trond, avant de transpirer à grosses gouttes, prise en otage par un savoir-faire de moule à gaufre, ne devant alors sa survie qu’à la générosité d’un adversaire incapable de faire bon usage des penaltys qui lui sont accordés (Anderlecht et Dessel) ou des occasions qu’il se crée (Lokeren). Jusqu’à présent, j’ai assisté à cinq des sept matches du Club Brugeois en championnat. J’ai fait l’impasse sur celui contre Louvain et sur le déplacement des Flandriens au FC Malinois. Invariablement, j’ai eu l’impression que si, à Bruges, on aime le football, cet amour n’est pas partagé. Je m’explique : compte tenu de l’idée que les Flandriens se font du jeu et de la manière dont ils appliquent cette idée, je doute franchement que ce dernier leur voue un quelconque sentiment, sinon celui d’une immense frustration dodelinant dans le col crasseux d’un maillot trop grand pour ceux qui le portent. Le 8 août, j’écrivais, ici même, à propos du partage (3-3) concédé par le Club à Saint-Trond après qu’il y ait mené 0-3 : « Les Brugeois devraient se rendre compte qu’un candidat potentiel au titre – ce qu’ils sont – ne peut s’autoriser des gaudrioles du genre de celles qui précipitèrent leur perte au Staaienveld. » Je demandais encore : « Les Flandriens ont-ils eu raison de maintenir leur confiance en Adrie Koster tandis que le Néerlandais n’est, visiblement, toujours pas parvenu à inculquer à ses joueurs quelques notions tactiques de base ? » J’ajoutais : « J’y reviendrai sans doute, quelques exemples à l’appui. » Voilà. J’y reviens. Avec deux questions. La première : est-il exact que Francky Dury avait signé un (pré)contrat avec Bruges après avoir été reçu par Bart Verhaeghe dans l’appartement que le président du Club possède à Knokke ? La seconde : contraints de faire volte-face après s’être aperçus à quel point l’arrivée de Francky Dury provoquait la colère de leurs supporters, les dirigeants flandriens ont-ils remis à ce dernier une certaine somme d’argent en guise de dédommagement ? Perfidement, je préciserais : et pour acheter son silence… A l’évocation de cet épisode de son mandat, Bart Verhaeghe hurle, comme si on venait de lui passer une épée à travers le corps. Il dément tout, ca-té-go-ri-que-ment. Notez bien… Francky Dury à la place d’Adrie Koster… L’un et l’autre mourront probablement sans avoir rendu l’œuvre que leurs employeurs attendaient d’eux ! Malgré tout, objecterez-vous avec pertinence, le Club Brugeois est en tête du championnat. D’accord ! Mais qu’est-ce là pour un leader, sinon un chef de file par défaut, un meneur placebo qui, jusqu’à preuve du contraire (demain, face à Mons ?), n’a aucune efficacité propre démontrée, une tête de gondole générique, comme ces médicaments du même nom, vendus à prix réduit car copiés d’un original ? Les défenseurs du Club Brugeois commettent trop d’erreurs. Ils ont déjà reçu leur comptant de plomb dans l’aile. Colin Coosemans ne confirme pas. Le crédit de Carl Hoefkens s’épuise à mesure que se multiplient les années. Le positionnement de Ryan Donk laisse toujours à désirer. Les relances de Michael Almebäk ne réfrènent guère des bâillements très peu charitables. Tom Hogli, qui est droitier, joue à gauche, sur son mauvais pied. L’entrejeu ? Il ne fait guère peur à son prochain. Seul Vadis Odjidja est à niveau. Offensivement, ce n’est pas mieux. Les attaquants du Club Brugeois en donnent rarement à leur cher public pour leur argent, mettant moins au supplice qu’il ne semble des lignes arrières cheminant sur du velours en lieu et place des tessons promis. Quinze goals marqués tout de même (mais 8 face à deux candidats potentiels à la relégation), aucune défaite, la deuxième défense la plus solide de la division 1… Certes ! Ce n’est pas rien. Mais, comme moi, vous savez très bien qu’on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. Tiens ! Je vais vous en citer deux autres. Cette saison, la masse salariale du Club Brugeois est de 15 millions 300.000 euros. Le montant dépensé en transferts par les Flandriens a été évaluée à 9 millions 600.000 euros. Somme toute, n’est-ce pas cher payé pour ces divas de ruisseau ?

Dominique        

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