Pas Roland Juhasz tout de même...

Par Dominique le 29 septembre 2011 - 1 commentaire

Décerner le « Soulier d’Or » au Hongrois, comme certains semblent le suggérer, c’est comme si vous m’annonciez que le brassard de capitaine du Sporting d’Anderlecht a pu être un jour confié à Olivier Deschacht : c’est dire le caractère incongru du choix en question !  


J’ai tout d’abord cru à une blague. Ou plutôt, non ! En fait, j’avais cru avoir mal vu. Eh bien, absolument pas ! Alors, j’ai pâli. Comme vous, quand vous recevez une enveloppe brune à en-tête du ministère des Finances. Du calme, me suis-je dit. Reprends ta respiration. Pense doucement. Répète la phrase pour bien l’avoir dans ta rétine. Relis-la, encore et encore. Peine perdue : les mêmes mots apparaissaient ! Barouf terrific dans le crâne. Gros chahut dans mon cerveau. J’ai à nouveau pâli. Plus longtemps cette fois. Comme vous, quand, après avoir déchiré nerveusement l’enveloppe brune à en-tête du ministère des Finances, vous en découvrez le contenu. Tétanisé, vous sentez comme du plomb fondu ruisseler dans vos jambes. Une seule envie vous prend : faire bouffer cette foutue feuille d’impôts par celui qui vous l’a adressée. Moi, c’est ce foutu journal (« Le Soir » du 26 septembre) que j’aurais voulu bouffer après y avoir découvert un article intitulé : « Un Soulier d’or pour Roland Juhasz ». Je ne vais pas tourner autour du pot : défendre la candidature de l’arrière central hongrois du Sporting d’Anderlecht pour succéder à Mbark Boussoufa concernant l’attribution de la godasse la plus célèbre de Belgique n’a aucun sens. Certes ! Je ne conteste pas à ce papier la justesse de son argument principal, et qui a trait à la fiabilité de Roland Juhasz. Mais de là à faire de lui un « Soulier d’Or » potentiel, c’est… Tiens ! C’est quoi ? C’est se contenter du minimum syndical en désignant un lauréat par défaut. C’est laisser clairement entendre que la descente aux enfers programmée pour le football belge semble définitive s’il est question de statufier le Hongrois. Mais, surtout, c’est se moquer de tous ces grands joueurs, de véritables pointures, eux, qui n’ont jamais pu chausser le précieux godillot. Qui, par exemple ? Je vais y revenir. Car si on juge Roland Juhasz sur sa régularité, pourquoi ne pas plébisciter Sammy Bossut, rarement absent de son poste de gardien de Zulte-Waregem, Bjorn Ruytinckx, sans qui Louvain ne serait pas Louvain, le Campinois Jef Delen, sans qui Westerlo ne serait pas non plus Westerlo (c’est dire !), ou le Brugeois Denis Viane, pour ses longues années de fidélité au Cercle ? Oui ! Pourquoi Roland Juhasz ? Et pourquoi pas eux ? Je grossis le trait ? A peine. Tant qu’à faire ! Roland Juhasz postulant au « Soulier d’Or » ? J’ai beau essayer, me forcer, pousser pour que ça rentre, insister : ça ne passe pas. Impossible. Et puis, allez annoncer ça à Luc Nilis, Juan Lozano, Raoul Lambert, Ludo Coeck, Morten Olsen, Simon Tahamata, voire Gert Verheyen, Marc Wilmots ou Gilbert Bodart. C’est une partie d’eux-mêmes que tous ceux-là ont abandonnée en accédant au mieux à une place d’honneur tandis que ce camouflet nous les rendait mutilés. D’ailleurs, je ne saurais pas trop quoi leur raconter si, courant janvier, ils me réclamaient des comptes : « Roland Juhasz a reçu le Soulier d’Or, et pas nous. C’est sérieux, ça ? » Je leur répondrais quoi ? Que cela fait des lunes que je ne vote plus et que je m’en porte d’autant mieux. Il n’empêche ! Le mal aura été fait. Roland Juhasz, « Soulier d’Or » ? C’est un coup dont on ne se remet pas, jamais, un coup qui vous envoie valser dans la sciure sans aucun espoir de remonter sur vos pattes. J’admets que Roland Juhasz remplit généralement bien son rôle en distribuant des permis d’inhumer aux attaquants qui croisent sa route. Mais, dans l’ensemble, de quels attaquants s’agit-il ? Pour la plupart, des attaquants aux articulations grinçantes comme des girouettes rouillées ! J’admets que Roland Juhasz constitue un ilot de sécurité. Mais celui-ci se situe sur une mer de médiocrité, dans un océan où la galère vogue plus souvent qu’à son tour. Roland Juhasz, « Soulier d’Or » ? La prédiction m’abrutit. Elle m’assomme. Ainsi, on en est là. Certains, du moins. Si je les suivais, je m'achèterais tout de suite un fauteuil à roulettes et je me prendrais une infirmière à demeure : le gâtisme ne serait pas loin de me gagner. Roland Juhasz, « Soulier d’Or » ? L’image du mec triomphant, servie à domicile par cette fille facile nommée Mass Media, qui crève soudain l’écran s’émiettant avec fracas dans le bifteck-frites du repas du soir ? C’en est à vous couper l’appétit. C’en est à vous filer les chocottes. Et dire que le Hongrois va peut-être nous sortir un match de feu face au Lokomotiv Moscou ! J’aurais l’air fin alors. J’écris ces lignes à quelques heures de cette rencontre d’Europa Ligue entre Anderlecht et le club russe. Mais, bon ! J’adore prendre des risques. Ou plutôt, je déteste me caler sur l’opinion du moment. Il n’y a rien de plus simple que de bêler piteusement avec l’ensemble du troupeau. Roland Juhasz, « Soulier d’Or » ? Tandis que je mets un point final à ce blog, ma plume s’est brisée, cassée net. Elle aussi désapprouve ce choix. Elle met le holà. Elle enrage. Mais la voilà qui se relève. Pour commander le peloton d'exécution...

Dominique

11:44 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Roland Juhasz Soulier d'Or c'est un peu comme... Berlusconi Prix Nobel de la chasteté

Écrit par : lucien prudence | 29 septembre 2011

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