Envie de rouler une pelle à Witsel...

Par Dominique le 06 octobre 2011 - 2 commentaires

Si la Belgique échoue dans la lutte à distance qui l’oppose à la Turquie pour la deuxième place de son groupe qualificatif à l’Euro 2012, Georges Leekens n’aura pas d’autre alternative que de présenter sa démission à l’Union belge. Et celle-ci, de l’accepter…


Je ne vais pas me dédire. Ce serait ridicule. Et, pour le moins, incohérent. Entendez par là qu’après avoir prôné l'union sacrée en stigmatisant le comportement de Silvio Proto et de Jelle Van Damme suite à leur refus d’intégrer le groupe composé par Georges Leekens dans l’optique des deux prochains matches des Diables Rouges (à ce sujet, mon blog du 30 septembre), je me verrais mal aujourd’hui revêtir l’habit du défaitiste de service en écrivant que l’affaire est d’ores et déjà pliée. Et pourtant ! La Belgique n’a objectivement aucune raison de croire en ses chances de qualification pour l’Euro 2012. Car si tout espoir ne sera probablement pas abandonné ce week-end, après que les Diables Rouges aient logiquement battu le Kazakhstan à Bruxelles et que l’Allemagne l’ait normalement emporté contre la Turquie à Istanbul, le miracle indispensable ne se produira pas mardi à Düsseldorf, où je n’imagine pas une seule seconde les Belges réussir ce qu’ils ont été incapables de faire début septembre en Azerbaïdjan : gagner ! D’accord ! Une rencontre n’est pas l’autre, l’importance de l’enjeu, la motivation, le sursaut d’orgueil et gnagnagna : tout cela fait qu’après avoir basculé dans le cauchemar et la névrose à Bakou, il est possible qu’à Düsseldorf, on fasse enfin dans le subtil et la clairvoyance. Néanmoins, je suis sceptique. Cette Allemagne-là, qui hurle depuis plus d’un an qu’elle est l’unique taulière de ce groupe éliminatoire, et qui le prouve, il ne faut pas avoir suivi les cours d’entraîneur de la prestigieuse école du Heysel pour deviner qu’elle jouera à fond son rôle d’arbitre dans ce duel que la Belgique et la Turquie se livrent à distance pour décrocher, via les barrages, un hypothétique sésame générateur d’une ultime illusion que le reflux de nos souvenirs rend à la fois très douloureuse et fort pressante. Cette Allemagne-là continue en effet de faire peur aux gosses. Ne croyez surtout pas qu’elle a décidé de roupiller dans son schnaps alors que la voici rassurée sur son sort. Cette Allemagne-là a encore faim. D’ailleurs, elle a toujours faim. Elle voudrait filer un coup de main au plus méritant de ses rivaux, en renvoyant l’ascenseur aux Belges pour lui avoir fait cadeau de ses trois premiers points à Bruxelles (Danke schön, Herr Von Buyten !) ou ne pas heurter la susceptibilité d’une minorité turque très présente outre-Rhin ? Eh bien, elle ne le pourrait pas. Le renoncement n’est pas inscrit dans ses gènes. « Deutschland über alles », répète-t-on là-bas aux nourrissons dès la naissance, la main droite sur le coeur et l'hymne national en guise de berceuse. Si ça marche ? En tout cas, cela donne trois titres mondiaux et trois succès en phase finale du Championnat d’Europe des Nations, quelques Coupes d’Europe glanées ici et là par quelques équipes de clubs et, ce qui tombe assez mal pour les Diables Rouges, un brevet d’invincibilité à domicile qui, si je me voulais caustique ou outrancier – mais vous me connaissez, ce n’est pas mon genre – remonte, comme ça, à vue de nez, aux environs de 1945. Dans ces conditions, mes chéris, vous n’irez ni en Pologne, ni en Ukraine. Là, je parle à saint Georges, attendu de pied ferme par le dragon, et à son boys band de joyeux distraits, que je soupçonne fort de préparer pour ce vendredi ou pour mardi prochain une « Leekenserie » de plus, semblable à celles qui auront coûté si cher à la Belgique contre l’Autriche, face à la Turquie et, tout récemment, en Azerbaïdjan. En fait, tout cela sent le déjà vu, le prévisible. Pessimiste ? Pire : provocateur ? Pas plus l’un que l’autre. Reconnaissant, tout bêtement. Envers qui ? Tiens, par exemple, envers Axel Witsel. Quand je repense à son penalty manqué devant la Turquie, j’ai presque envie de lui rouler une pelle, à l’ami Axel. Ce jour-là, lorsqu’il a visé la troisième boule de gauche de l’Atomium tout proche au lieu du cadre du but, le Liégeois a peut-être, sans le savoir, rendu un fier service au football belge : contraindre celui-ci à une profonde remise en question dont le départ de Georges Leekens, en cas d’échec mardi soir, constituera l’une des plus salutaires démarches qui y ait été entreprises depuis longtemps. Terminés, les laïus en toc qui n’améliorent en rien les tackles ! Ras-le-bol de ces haïkus de supérette dégoulinant de balourdises ! Dernier en date : ce couplet décliné en boucle sur le thème de la nonchalance, désormais proscrite suite à un diktat fidèlement reproduit ce jeudi matin par l’ensemble de la presse belge. Il était temps ! Huit rencontres pour cerner le problème, deux matches pour essayer de le résoudre. C’en est confondant de bêtise. Quand, donc, quelqu’un se décidera-t-il à zapper définitivement cette tête à claques de nos écrans plasma et des unes de nos journaux ? Et puis, si la Belgique ne décroche pas la deuxième place de sa poule, il serait peut-être de bon ton que Georges Leekens tire lui-même les conclusions de cette déconfiture. Comment ? Simple : en démissionnant. Ce qu’il ne fera pas. Evidemment. Lorsque vous possédez une aussi haute idée de vous, la faute incombe aux autres. Toujours. En outre, pourquoi Georges Leekens quitterait-il ses fonctions de sélectionneur puisqu’il est sous contrat avec la fédération jusqu’en 2014 ? L’homme n’est pas du genre à scier la branche sur laquelle il est – fort confortablement, du reste – installé. Trois ans encore à tirer le boulet. En proposant à Georges Leekens de resigner, l’Union belge aurait voulu nous faire une blague qu’elle n’aurait pas agi différemment. Moi, je n’ai pas ri. Apprenant la nouvelle, je me suis immédiatement saisi du tube de Prozac qu’il me restait de la Coupe du Monde 1998 – là, aussi, Georges Leekens était le patron – et je l’ai avalé d’un trait. La dose était si forte que je me suis seulement réveillé hier matin. En découvrant, sidéré, le rappel en sélection de Carl Hoefkens. Et pourquoi pas, ai-je songé, envisager le retour d’Emile Mpenza pour redynamiser une attaque qui nous a foutus dedans contre la Turquie et en Azerbaïdjan ? Tant qu’on y est. Zut ! Je n’ai plus de Prozac. Il va falloir que je m’en fasse represcrire. Et de toute urgence…

Dominique        

14:36 Écrit par Dominique dans Diables Rouges | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

Sympa votre billet comme l'ensemble de cette page web. Je me permet de mettre dans mes favoris. Je reviendrai lire vos billets avec plaisir sur votre blog et je l’ajoute à mes bookmarks.

Écrit par : fabien mutuelle | 23 février 2012

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quelle type d'privilège on beneficie?

Écrit par : pret immobilier | 11 février 2014

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