Allez à Istanbul, pas à Düsseldorf !

Par Dominique le 10 octobre 2011

Conseil d’ami : si vous voulez aider l’équipe nationale belge à sauver sa peau et à assurer sa place à l’Euro 2012, ne prenez pas la direction de Düsseldorf, où l’Allemagne l’attend avec un appétit et une dentition capables de déchiqueter n’importe quel adversaire. Partez plutôt en Turquie soutenir l’Azerbaïdjan : le miracle se produira là-bas, pas ailleurs !  


Je confirme. Cela va être très, très compliqué pour les Belges demain, à Düsseldorf. Accéder aux barrages de l’Euro 2012 en allant gagner en Allemagne ? N’y pensons pas ! En dépit de certains discours pontifiants, qui portent à incandescence l’art de nous prendre pour des cons – passez-moi l’expression –, l’éventualité de voir les Diables Rouges réussir cet exploit est aussi improbable qu’arriver au sommet de l’Everest en talons aiguilles ! Je suis désolé pour les quelques milliers de supporters belges qui ont décidé d’accompagner leur équipe dans cette quête de notoriété qu’elle cherche vainement à récupérer depuis dix ans : ils entreprendront ce court déplacement outre-Rhin pour rien. A la limite, ceux qui veulent vraiment soutenir la cause nationale seraient mieux inspirés en sautant dans le premier avion pour Istanbul, histoire d’encourager l’Azerbaïdjan à contraindre la Turquie à jeter l’éponge. Car c’est là, en effet, et nulle part ailleurs, effectivement, que le destin européen des Belges se jouera à court terme. Je raccourcis : si les Azéris l’emportent, les Diables Rouges peuvent prendre une branlée à Düsseldorf, aucune importance, ils conserveront toutes leurs chances de s’en tirer par une pirouette miraculeuse qui leur aura permis de retomber in extremis sur leurs pattes. Donc, ne tardez plus. Appelez votre agence de voyage séance tenante et réservez votre billet pour Istanbul. Vous ferez d’une pierre deux coups. Tout d’abord, vous partirez à la découverte d’une ville qui, croyez-moi, vaut le détour, tandis que votre présence, vos cris rendront peut-être les Azéris meilleurs qu’ils l’ont jamais été jusqu’à présent. Moi, si j’étais à votre place, c’est ce que je ferais. Je me laisserais porter par ce voyage inattendu, mais urgent. Car pour m’être attardé, vendredi soir, sur la rencontre qui opposait la Turquie à l’Allemagne, la réalité m’est apparue sans fard : la petite musique jouée par les Belges devant le Kazakhstan sera promptement étouffée ce mardi par le tintamarre des grosses caisses à « teu – tons », faisant place à un vacarme où toute voix dissidente sera impitoyablement bâillonnée. Cela ne fait pas l’ombre d’un pli. J’en ai déjà suffisamment dit sur l’Allemagne dans mon dernier blog. Ce qu’elle a montré à Istanbul n’est rien d’autre qu’une confirmation de ce qu’on savait à son sujet : non seulement, elle est boulimique, mais elle a placé tellement haut cette voracité qui la caractérise que celle-ci n’est pas loin de s’apparenter à un instinct bestial hostile à toute forme de satiété. Et, a fortiori, rébarbatif à tout sentiment de pitié. Pour s’en persuader, il convenait d’observer Joachim Löw l’autre jour, en Turquie. A chaque perte de balle de ses joueurs, à chaque geste mal maîtrisé, à chaque choix inopportun, à chaque occasion manquée ou, pire, donnée à l’adversaire, le sélectionneur allemand jaillissait de son banc de touche afin d’effectuer immédiatement le rappel à l’ordre et les quelques réglages qui s’imposaient. A la clé ? Un succès indiscutable, obtenu par une formation au cuir coriace, à la placidité cannibale, à la dentition capable de déchiqueter même les plus increvables, aux automatismes quasiment imparables et au jeu promesse d’éternité. Les Allemands ont des jambes. Et ils s’en servent. Ils ont également une tête. Et ils en usent. Certes ! La dérisoire facilité avec laquelle la Turquie réduisit l’écart en fin de partie est à mettre sur le compte d’un relâchement compréhensible. Ses effets furent toutefois gommés par un rapide redémarrage de la machine. Certes ! L’intérêt, l’attrait du football tiennent à une complexité et à une richesse qui autorisent à mettre à mal tous les pronostics, même ceux qui ressemblent à d’inoxydables tuyaux. J’entends par là que, peut-être, si les Belges connaissent, à Düsseldorf, un jour de grâce, qu’à supposer, au même moment, que les Allemands aient mal digéré leur choucroute de la veille et soient ronds comme ces fûts de bière qu’ils n’aiment rien tant qu’éventrer lors des célèbres « Oktoberfesten » (à propos : le calendrier indique quel mois pour l’instant ?), alors là, oui, il se pourrait qu’on touche le tiercé dans l’ordre. Pour cela, il faudra aussi que les Diables Rouges arrêtent de se cracher dessus par vent contraire. Comme ils l’ont encore fait face au Kazakhstan, avec cette carte jaune stupide dont Daniel Van Buyten écopa et ce penalty ridicule dont Laurent Ciman fut sanctionné. Dans les deux cas ? Un cerveau aux allures de terrain vague. Mis bout à bout, cela fait beaucoup. C’est même trop pour une équipe dont l’intranquillité a souvent guidé les gestes et les pas. C’est pourquoi, cessons de rêver ! A Düsseldorf, les Diables Rouges voudraient tellement élever leur âme. J’en conviens volontiers. Ils n’élèveront sans doute que des lapins, semblables à ceux qu’ils ont posés à leur public dans des circonstances sur lesquelles je ne reviendrai plus. C’est pourquoi, je le répète ! Plutôt que de franchir le Rhin, allez faire un tour sur les rives du Bosphore : c’est à Istanbul que se jouera l’avenir de la Belgique à l’Euro 2012, pas à Düsseldorf…

Dominique

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