Et pendant ce temps, Dick Advocaat...

Par Dominique le 12 octobre 2011

Pour ceux qui, comme moi, ont connu l’âge d’or du football belge et, a fortiori, celui de sa sélection nationale, ce qui se passe actuellement est insupportable. Il est temps que cela change. Comment ? Commençons par nous débarrasser de tous ces incompétents, incompréhensiblement accueillis à bras ouverts au sein d’une fédération où on distribue les postes comme on donne des hochets aux enfants…


Pour être franc, j'ignore en quoi consiste précisément le projet de refonte du football belge concocté, et présenté récemment par Steven Martens. Non pas que je m’en désintéresse. Mais pour avoir souvent observé à quel point ce pays était subitement frappé d’inertie dès l’instant où il s’agissait de toucher à une quelconque de ses structures existantes, fût-ce (surtout ?) pour en accroître le rendement, je n’ai pas envie de me prendre inutilement le chou en me lançant déjà dans la compréhension et l’analyse de mesures qui, peut-être, ne seront jamais d’actualité. En ce sens, l’interview accordée ce lundi au journal « Le Soir » par Philippe Collin m’a ôté mes derniers scrupules, si tant est qu’il m’en restait. Evoquant la tâche du nouveau secrétaire général de l’Union belge, celui qui cumule les fonctions de tête pensante du Sporting d’Anderlecht et de président de la commission technique de la fédération a adressé à Steven Martens une mise en garde. Elle a le mérite de la clarté : « Foncer bille en tête pour tout changer de manière radicale, c’est aller droit dans le mur ». On a compris. Ses grandes stratégies, Steven Martens, si tant est qu’il envisage d’en élaborer car, souligne malicieusement Philippe Collin, ce dernier « est bien trop malin pour tomber dans le panneau », ses grandes stratégies, donc, Steven Martens peut se les caler là où vous et moi l’imaginons. Jeu de dupes ? Ce n’est rien de le dire. Quoiqu’il arrive, l’Union belge est une institution figée, dont les membres sont tellement accrochés à ces prérogatives qui leur tiennent lieu de hochet qu’elle gardera toujours par-devers elle le monopole d’une action d’autant plus vouée à l’échec qu’elle est factice. Prenez l’équipe nationale. Comment la fédération a-t-elle pu confier la responsabilité de ses meilleurs joueurs à un ignare ? Pire. En dépit d’une campagne qualificative ratée face à des adversaires à la portée des Diables Rouges, comment se fait-il que personne, au sein de l’Union belge, n’ose remettre en cause le travail, assurément mal fait, de Georges Leekens ? Lorsqu’il fut nommé, on attendait de lui qu’il offre une alternance pragmatique – car la manière importait peu en effet – aux échecs essuyés par ses prédécesseurs. Aujourd’hui, on n’est pas plus avancé. Cette nouvelle désillusion – et il fallait être complètement fou pour espérer que le miracle se produirait contre l’Allemagne, à Düsseldorf – découvre le désarroi de gens impropres à penser – ne parlons même pas de prévoir – et prêts à se donner au premier venu, une nullité en l’occurrence, dès l’instant où le Tartuffe porte beau et affiche des prétentions salariales raisonnables. Mieux ! Au mépris du plus élémentaire bon sens, ce qui ne pouvait en aucun cas durer a fait place à un engagement à long terme, courant désormais jusqu’en 2014 et derrière lequel Georges Leekens s’est empressé de se retrancher mardi soir. Ce que l’élégance aurait commandé qu’il fit ? Tirer les conclusions de son échec en proposant sa démission. Or, l’Intrus en chef eut le verbe plus fin qu’il avait eu le nez, lorsqu’il prépara certaines de ses rencontres, annonçant, depuis Düsseldorf morne plaine, qu’il ne s’en irait pas. Comme quoi, effectivement, une mauvaise nouvelle survient rarement seule ! La Belgique ne participera pas aux barrages pour l’Euro 2012. Mais, en outre, Georges Leekens reste. Ah, me rétorque-t-on, je devrais au moins lui laisser le mérite d’avoir permis aux Diables Rouges de se réconcilier avec leur public. Georges Leekens en chauffeur de salle ? Je n’y avais pas songé. Le bonhomme serait utile parce qu’il ramène les gens au stade. Et alors ? Jean-Marie Bigard, vous savez, ce comique outrancier auteur de l’élégant « Lâcher de salopes » et autres fariboles d’un même goût douteux, remplissait à une époque le Stade de France. Ce qui, vous en conviendrez avec moi, n’est pas rien. Toutefois, était-ce là un motif suffisant pour que la fédération française de football songe à lui au moment où la succession de Raymond Domenech fut ouverte ? J’exagère ? Pas tant que ça. Bouffon pour bouffon. Dès lors, cessons de nous mentir. Et si, en effet, cette génération emmenée par Axel Witsel, Eden Hazard et Vincent Kompany est aussi douée qu’il y paraît, donnons-lui les moyens d’exprimer ce potentiel. Comment ? En l’encadrant vraiment. Pas en confiant son destin à un charlatan, un bonimenteur de première, davantage « menteur » que « bon » d’ailleurs. Après le nul douloureusement concédé au Heysel face à la Turquie, Georges Leekens avait assuré qu’il n’y avait aucune raison de s’en faire. « Cela va venir », avait-il affirmé. Sans préciser, évidemment, quand, ni où, ni de quelle façon. Cela vous suffit-il ? Pas à moi. Il est urgent de franchir le cap des bonnes intentions. C’est comme avec le projet de Steven Martens. J’espère que celui-ci comporte un volet lié à l’équipe nationale et à son mode de fonctionnement. J’espère de tout cœur que Steven Martens est fermement décidé à mettre un coup de pied dans cette fourmilière, où la propagande du « tout va bien » le dispute âprement à une généralisation de l’incompétence. A propos : vous avez suivi les résultats des « Espoirs » de Francky Dury, qui concourent en vue d’une qualification pour l’Euro 2013 ? Non ? Alors, je vous invite à le faire. Ce n’est pas mal non plus. Eh oui ! Il a du boulot, Steven Martens. Mais, bon ! Comme Philippe Collin l’a averti qu’il le trouverait sur son chemin s’il voulait tout mettre cul par-dessus de tête… D’après le même, Collin donc, il y aurait, au sein de la fédération, « suffisamment de compétences pour une vraie vision d’avenir du football belge et de sa gestion ». En terme d’outrance, ce n’est pas du Jean-Marie Bigard mais on n’en est pas loin.  Et pendant ce temps-là, Dick Advocaat place la Russie en ordre utile pour prendre part à l’Euro 2012… D’accord ! Lui, il ne remplissait pas les stades. Georges Leekens, bien. C’est toute la différence. Et cela vous suffit ? Pas à moi…

Dominique

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