Un week-end pour oublier

Par Dominique le 14 octobre 2011

Le sport, en général, le football, en particulier, ça donne la pêche, ça ne plonge pas dans la désillusion. Mardi soir, pourtant, j’ai accusé le coup. Et sacrément, même ! Regard perdu. Mon œil retrouvera-t-il du pétillement et mon esprit sera-t-il moins alourdi grâce à la reprise du championnat de Belgique ? Si cela coule de source avec cet autre « Super Sunday » inscrit au programme de la dixième journée de compétition ? Pas sûr…


Comme une cocotte-minute qui lâche sa pression. Qui évacue les non-dits et les rancœurs. Qui fait en sorte d’expier le péché de Düsseldorf, et d’autres lieux aussi. Qui nettoie les âmes et désobstrue les esprits. Qui débusque les mauvaises humeurs et défie l’imagination. Voilà comment je vois idéalement cette dixième journée du championnat de Belgique, coincée entre un mardi noir international et un milieu de semaine européen. Mon souhait ? A défaut de m’avoir permis de bondir moi-même de mon fauteuil tel un… Diable jaillissant de sa boîte car galvanisé par une victoire outre-Rhin, j’entends que le football belge rebondisse et guérisse rapidement des blessures que lui a laissées cette campagne à l’Euro 2012 lamentablement orchestrée. La bonne nouvelle ? C’est que les circonstances s’y prêtent avec, au programme, deux matches qui font figure d’affiche : le déplacement de La Gantoise au Club Brugeois et la venue du Standard à Anderlecht. La mauvaise nouvelle ? Il s’agit d’un autre « Super Sunday », appellation populiste régulièrement détournée de son sens dès lors qu’il s’agit de faire monter l’audience télévisée (voir mon blog du 19 septembre). Car la dernière fois où il fut question d’un « Super Sunday », on a eu droit à une rencontre soporifique entre La Gantoise et Anderlecht, un affrontement terne entre le Racing Genk et le Standard, demi-solde de ce qu’avait été le face à face auquel ces deux-là s’étaient livrés jusqu’au bout quelques mois auparavant, et une opposition entre Lokeren et le Club Brugeois d’une platitude navrante. Certains s’y retrouvèrent peut-être. Pas moi. M’y retrouverais-je cette fois ? Je l’espère. J’en ai besoin. Après le fiasco de Düsseldorf, l’impératif du rachat que manifestera, ou non, le football belge va peser lourd dans mon humeur des prochains jours, tandis qu’à la suite de ce week-end se profilent Chelsea – Genk (là, ne rêvons pas), Sturm Graz – Anderlecht, Club Brugeois – Birmingham et Standard – Poltava (là, on peut rêver). Baume revitalisant après la boule puante de l’Euro 2012. Mais encore faut-il que les effets du premier dissipent les effluves nauséeuses de la seconde ! D’où l’intérêt de cette dixième journée de championnat. D’où cette curiosité portée, ce piment véhiculé par la perspective de disséquer comment Mario Been résoudra les nombreux problèmes d’effectif qui se posent au Racing Genk à l’heure où les Limbourgeois se rendent à Lokeren ; par l’éventualité de voir si la énième modification que José Riga effectuera sans doute en terme de composition d’équipe au Parc Astrid aura une quelconque influence sur le déroulement d’une partie qui, fidèle à la tradition, tourneboule et échauffe les têtes ; par la manière dont La Gantoise, actuellement la meilleure attaque du championnat (22 buts), s’y prendra pour tenter de déposséder le Club Brugeois de ce brevet d’invincibilité à domicile qui, toutes compétitions confondues, court depuis le 19 décembre 2010, et ce succès (0-2) remporté par Anderlecht à l’Olympiapark. Dix-sept rencontres sans défaite pour les Brugeois sur leur pelouse. C’est plus qu’il n’en faut pour aiguiser l’appétit des Gantois qui, désormais, paraissent incarner l’espérance d’un retour au premier plan après l’intermède désastreux causé par la venue de Francky Dury à Gentbrugge. Du côté de Genk, Mario Been est ravi de récupérer plus tôt qu’il ne l’avait prévu Jelle Vossen, touché à la cheville contre Anderlecht. C’est déjà ça compte tenu des absences, pour blessures ou suspension, de Barda, Joneleit, Nadson, Hubert et Simaeys. Je ne crois pas avoir oublié quelqu’un. Si : Sarr et Grimi qui, a priori, ne sont pas prêts. Et prêts, le sera-t-on à Lokeren, qui n’a toujours empoché la moindre victoire cette saison dans ses installations ? Peter Maes, qui vient d’affirmer son envie de ne plus trop tarder à rejoindre l’une des formations de pointe du pays, sait donc ce qu’il lui reste à faire s’il veut que sa trajectoire n’emprunte pas la voie suivie en son temps par deux météores de la profession, brillant un temps avant de se désagréger peu à peu. J’ai nommé : Jacky Mathijssen et Francky Dury. Oh ! Il y en a d’autres, bien sûr. Les exemples ne manquent pas. Tiens ! Glen De Boeck ? Il devient quoi ? Le football est ainsi fait : on y brûle très vite ce qu’on adorait il y a peu. C’est un classique du genre. Roche tarpéienne, Capitole, Rubicon – toi-même : chacun semble un jour accéder à la lumière, mais c’est en prenant le risque de s’en éloigner aussitôt. Ce pouvoir d’anéantissement produit par ce jeu est écrasant. Le football n’en provoque pas moins aussi parfois un déferlement salvateur d’émotions que, personnellement, j’aspire à vivre depuis que j’ai appris que même – notez le « même » – l’Estonie, le Monténégro et l’Eire participeront aux barrages donnant accès à la phase finale du prochain championnat d’Europe des Nations. L’Estonie, le Monténégro et l’Eire. Pas la Belgique. Citez-moi trois joueurs connus – un pour chacune de ces sélections – et je vous fais gagner l’écharpe jaune de Georges Leekens. De toute manière, l’intéressé n’en veut plus, de son cache-nez. Il ne le portera plus lors des matches de l’équipe nationale. Georges Leekens s’est aperçu que le contraste entre sa modestie naturelle et cette couleur vive-pétante relevait trop de l’absurdité pour qu’il ne mette pas fin à cette extravagance vestimentaire. Mais, dites-moi : aller se rhabiller, n’est-ce somme toute pas logique pour quelqu’un qui a aussi pitoyablement échoué dans son rôle ?

Dominique

15:08 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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