Le Sporting, Anderlecht et les autres

Par Dominique le 17 octobre 2011

Je vous assure que suivre au quotidien le football belge, cela tient parfois du plus profond déséquilibre mental. A la limite, cela fait peur. Heureusement, il y a des exceptions. Ce succès remporté dimanche soir par le Sporting d’Anderlecht sur le Standard est l’une d’entre elles. Au fait : qui serait en mesure de battre les Bruxellois lorsqu’ils évoluent à ce niveau ?


Vous me connaissez. Je me moque de plaire. Ou de déplaire. Je dis les choses telles que je les ressens. Sans être particulièrement gentil. Ni méchant, d’ailleurs. Lorsque j’ai vu un bon match, je le signale. Quand j’ai assisté à une mauvaise rencontre, je le fais savoir aussi. Je suis incapable de mentir. J’assume chacun de mes propos. Je me trompe ? Je suis le premier à l’admettre. Et, si besoin en est, je présente des excuses. J’ai raison ? Je n’hésite pas à taper sur le clou. A dégommer. A railler. Je lâche les chiens en même temps que ma plume. Mon œil lance un « Je me fais chier » que ma main retranscrit aussitôt. Je vous assure que suivre au quotidien le football belge, cela tient parfois du plus profond déséquilibre mental. A la limite, cela fait peur. Heureusement surviennent des instants agréables pour rattraper toutes ces heures où je me demande ce que je fous là, dans un stade, à regarder vingt-deux types galopant désespérément derrière un ballon dont, de toute façon, quand il leur tombera dans les pieds, ils ne sauront que faire. Dimanche, les Anderlechtois ont su quoi en faire, du ballon. J’avais quelques appréhensions concernant cette dixième journée de championnat qui, pour la deuxième fois cette saison, mettait face à face les six participants aux playoffs de haut de tableau disputés l’an dernier. Il y a un mois, le précédent « Super Machin Day Chose » m’avait fichu un de ces cafards… Ce week-end, après un inodore, insipide et incolore affrontement entre Lokeren et le Racing Genk, je peux vous certifier qu’en dépit d’une grippe tenace qui m’a contraint au huis-clos durant deux jours, j’ai passé un moment plaisant en assistant à la victoire du Club Brugeois sur La Gantoise (que de belles intentions de part et d’autre), tandis que la démonstration réalisée par le Sporting d’Anderlecht face au Standard a agi sur moi comme une révélation : oui, on peut encore s’amuser en suivant une rencontre du championnat de Belgique ! Pour être sincère, j’ignore ce qui m’a davantage plu dans cette correction infligée par les Bruxellois aux Liégeois. L’aisance avec laquelle le Sporting prit sur lui toute la lumière ? Ce jeu léché, propre, pétillant et spectaculaire ? Ce groupe compact, sans fissure, qui a exercé une pression difficile à soutenir pour son adversaire ? Ces individualités, qui, à l’instar de Lucas Biglia, Milan Jovanovic, Dieumerci Mbokani ou Matias Suarez, ont trouvé les bons relais, les bons espaces ? Je ne prétends pas que, par son étonnante passivité, le Standard n’a pas rendu plus facile la tâche du Sporting. C’est une évidence. Mais pourquoi pensez-vous que les Liégeois ont déjoué à ce point, au point que, sans la complaisance de l’arbitre (là, ça commence à bien faire, parlez-en à Franky Van der Elst !), ils auraient pu encaisser un, deux, voire trois buts de plus ? Pour quel motif le Standard a-t-il perdu toute forme de maîtrise de son sujet, se réveillant aujourd’hui, avant-veille d’un rendez-vous important en Europa Ligue, suspendu au bord d’un gouffre intérieur rempli de problèmes sans solutions ? Se sont-ils mis dans cette situation désagréable, les Liégeois, parce qu’ils l’ont bien voulu ? Non ! Ils y sont parce qu’ils n’ont jamais été capables d’échafauder une parade aux coups mortels assénés par des Bruxellois colonisant gaiement le rectangle du Standard en raison d’une maîtrise technique supérieure. Rapidement, on sentit monter l’odeur de la poudre, du brûlé, de la viande en décomposition. Chaque tir des Anderlechtois, chacune de leurs actions n’apportaient pas forcément de gibier, mais tous et toutes ne laissaient planer aucun doute sur leurs intentions : ils étaient en chasse. J’exagère ? A peine ! Au Parc Astrid, le Standard s’est discrédité : accordons-lui néanmoins le bénéfice d’un « jour sans ». Quoiqu’après ces échecs à Gand et à Genk, l’argument semble un peu court. Le prochain test que les Liégeois passeront est prévu début novembre, avec la venue du Club Brugeois à Sclessin. D’ici là, ils se coltineront Zulte-Waregem, en championnat puis en Coupe, et Saint-Trond. Sans parler de Poltava, en aller-retour. A priori, ce programme devrait leur convenir. Pour peu, naturellement, que José Riga se soit attaqué aux questions qui fâchent, dont cette répartition des rôles en milieu de terrain où Jelle Van Damme, positionné bien trop haut au Parc Astrid, ne fut d’aucune utilité pour William Vainqueur, Franck Berrier et Luis Manuel Seijas. Quant à Laurent Ciman et Daniel Opare, combien de fois ne furent-ils pas pris de vertige face à cet engrenage de vraie folie dont les rouages, impeccablement huilés, contribuèrent au fonctionnement d’une machine anderlechtoise qui, assurément, n’est pas du genre à tricoter ? Et Felipe ? Ma conclusion ? S’il continue sur cette voie, il ne faudra s’étonner de rien au sujet du Sporting. Au Parc Astrid, on s’est enfin remis dans la tête que si l’engagement physique est important pour pouvoir remporter des matches, cela n’est rien à côté de la capacité à faire circuler vite et efficacement la balle. Il a fallu du temps aux dirigeants bruxellois pour le comprendre. Et dégoter les joueurs adéquats. Mais cette fois, ça y est. Ils ont pigé que savoir manier le ballon afin de s’en assurer la possession, c’est le meilleur moyen pour les autres de ne jamais le revoir et qu’à force de courir, ceux-là n’auront tôt ou tard plus d’essence dans le moteur. L’anomalie est enfin réparée. Même si tout ceci reste bien sûr à confirmer. Qui oserait prétendre le contraire ?

Dominique    

13:57 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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