Hors norme de croissance...

Par Dominique le 14 décembre 2011

L’actualité du football se traînerait-elle ? En ce qui vous concerne, je ne sais pas, mais moi, elle aurait tendance à m’enquiquiner. Heureusement, il y a des types comme Trond Sollied pour nous délivrer de ces fâcheux, constipés en toute saison. Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais l’entraîneur de La Gantoise est soupçonné d’avoir pratiqué un marquage trop serré à la – petite – culotte d’une dame. Cela se passait lors d’une soirée particulièrement bien arrosée dans un dancing célèbre de Flandre. La justice a été saisie du dossier. Piqué, le Norvégien ? Pas autant que certains joueurs peuvent l'être…  


Ces temps-ci, on a beaucoup parlé du dopage. On en a parlé dans le sport en général, dans le football en particulier. Le premier à avoir allumé, puis vendu la mèche – remarquez : je n’ai pas écrit « pétard » –, c’est Yannick Noah. Dans une chronique retentissante, et dont les pages du journal « Le Monde » lui accordèrent une hospitalité intéressée le 19 novembre dernier, l’ancien champion de tennis devenu chanteur ( ? ) avouait être bien en peine de trouver une explication plausible à la domination actuellement exercée par l’Espagne dans bon nombre de disciplines, sinon en émettant l’éventualité que ses représentants avaient probablement réussi à s’approprier la formule de la « potion magique ». Trois jours plus tard, c’est-à-dire un an et quatre mois après son contrôle positif au clenbutérol, Alberto Contador comparaissait devant le Tribunal arbitral du sport. N’y voyez pas malice. Somme toute, il ne s’agit qu’une banale coïncidence entre les soupçons formulés par Yannick Noah et la présence du cycliste espagnol devant ses juges. La preuve ! Au même moment, cinq anciens footballeurs internationaux algériens annonçaient vouloir se porter partie civile et déposer plainte contre X, estimant qu’il pouvait y avoir effectivement une relation de cause à effet entre les médicaments qu’ils avaient avalés durant leur carrière et la naissance de leurs enfants, tous lourdement handicapés. Au même moment, toujours, l’ex-Anderlechtois Bertrand Crasson s’interrogeait publiquement sur le contenu des perfusions qui lui avaient été administrées quand il évoluait en Italie, à Naples, entre 1996 et 1998. Au même moment, encore, je me suis rappelé d’une conversation que j’avais eue à une époque avec un footballeur belge très connu, et qui m’avait décrit l’angoisse qui s’était emparée de lui et de ses partenaires la veille d’un match important de Coupe d’Europe tandis que la personne chargée de les fournir en « bonnes pilules » restait désespérément bloquée dans un embouteillage apocalyptique. Il va de soi que je ne dévoilerai pas ici, ni ailleurs du reste, l’identité de mon interlocuteur, pas plus que vous ne connaîtrez le nom du club où il évoluait, ni, bien entendu, celui de l’adversaire du jour. Quoique… Il y a prescription. Enfin, si j’ose m’exprimer ainsi. Eh quoi ? Le secret des sources, ce n’est pas fait pour les chiens, fussent-ils élevés aux hormones de croissance ! En attendant ? Vous contenterez-vous des rumeurs qui se propagent, tels la peste et le choléra ? Vous accommoderez-vous de la raideur d’une censure qui s’exerce sur un domaine aussi tabou ? Je ne crois pas. Autant vous demander si vous préférez passer la nuit avec sœur Emmanuelle, ou plutôt jouer une heure à touche-touche avec Angelina Jolie. Fort heureusement pour vous, chaque génération de journalistes produit ( ! ) l’un ou l’autre spécimen de mon espèce qui réchauffent en leur sein un très mauvais esprit et s’en viennent joyeusement piétiner les plates-bandes de l’étiquette. Quitte, ensuite, à se constituer un volumineux carnet d’adresses d’ennemis aussi fourni qu’une notice pharmaceutique, et que, du reste, je vais bientôt me fabriquer si je n’arrête pas, là, à cet instant, de tremper ma plume dans une solution concentrée d’EPO. Mais que m’importe ! Je n’ai pas l’intention de capituler pour si peu. Et pour cause : cette chronique se déclinera en deux volets. Le premier, c’est pour maintenant. Histoire de vous ouvrir l’appétit. La parution du second ne tardera pas. Là, j’y parlerai plutôt d’appétence. Ne me remerciez pas de lever un voile sur ce monde du silence. L’envie de satisfaire votre curiosité me démange. Au fond, vous êtes comme moi : à force de lire les mêmes conneries partout dans les journaux, la satiété des nouvelles convenues entre les différents médias vous plombe le moral. Vous recherchez du croustillant ? On ne vous sert que du réchauffé. Vous aimez l’inattendu ? Place comme d’habitude aux manchettes si soyeuses au fondement. Où est le plaisir de l’information, mesdames, messieurs ? Je vous le demande. Et je vous réponds : sous le manteau, où celle-ci se diffuse, alimentée par quelques-uns, irréductibles défenseurs d’une moralité qui n’entend rien céder à cette mode standardisée de la perfusion frémissante dans son flacon. Ceux-là, ils accusent. De Zdenek Zeman, cet entraîneur célèbre en Italie et qui, dès 1998, affirmait que « pour gagner aujourd’hui, un club n’a besoin que d’un bon pharmacien et de quelqu’un habile à faire les dosages », au docteur Jean-Pierre de Mondenard, qui, dans un ouvrage récemment paru *, dénonce l’omerta et l’hypocrisie qui règnent dans le milieu du football professionnel dès lors qu’il y est question de dopage. Jean-Pierre de Mondenard fut l’un de ceux qui apporta immédiatement son soutien à Yannick Noah tandis que d’autres invitaient l’ex-vainqueur de Roland Garros à la mettre en sourdine après son smash dans les colonnes du « Monde ». Tiens ! Les voilà même qui ricanent. Je les vois d’ici, haussant les épaules, considérant que ces quelques lignes ne valent pas plus que risées, quolibets, au mieux une indifférence à peine déguisée. Pourtant, je consacrerai sous peu une suite à ce sujet. Je l’ai dit. En d’autres termes, prenez ceci comme une mise-en-bouche. Survitaminée ? Naturellement…

Dominique

*« Dopage dans le football. La loi du silence » - Editions Jean-Claude Gawsewitch 

    

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