Quand Sepp... Bla-Blatter...

Par Dominique le 16 décembre 2011 - 2 commentaires

En annonçant clairement que la Fifa avait l’intention d’utiliser la vidéo dans un avenir très proche, son président est-il devenu dingue ?


Si je le connaissais bien – un peu – mieux (cochez la mention qui vous semble la plus appropriée), je demanderais à Sepp Blatter de surveiller son langage. Loopings locutoires en série, le très respectable (si, si, en cherchant bien…) et honorable (idem) président de la Fifa est parti en vrille la semaine dernière, se cassant la voix sur des mots tels que « transparence », « éthique » ou « respect ». D’abord, j’ai cru avoir mal entendu. Ou plutôt : je pensais avoir mal lu. Car ce qui, pour moi, s’apparentait à des lapsus était écrit noir sur rose dans les pages de « La Gazzetta Dello Sport », mais également reproduit sur le site internet d’« El Mundo Deportivo ». Comme quoi ces journalistes – une sacrée engeance, ceux-là – sont prêts à faire dire n’importe quoi à ceux qu’ils interviewent dès l’instant où les ventes de leur torche-cul sont susceptibles de grimper en flèche ! Sepp Blatter parlant de « transparence » et de « respect » : si je le connaissais bien – un peu – mieux (cochez à nouveau la mention qui vous semble la plus appropriée), je l’aurais tout de suite emmené chez l’orthophoniste le plus proche. Après avoir prié l'illustre patient de s’allonger sur son divan, le thérapeute lui aurait fait répéter, dix fois d’affilée : « Je m’appelle Sepp Blatter. Je suis le patron de la Fifa. Je traîne tellement de casseroles scotchées à mon arrière-train qu’il est impossible que des termes analogues à ceux que l’on me prête fassent partie de mon vocabulaire courant. » Donc, voilà ce que j’aurais fait si… Bon ! Allez ! J’arrête les fantasmes. Je ne connais pas Sepp Blatter – l’inverse doit probablement être vrai – et, dès lors, jamais je ne le conduirai chez un orthophoniste – ni chez qui que ce soit d’autre d’ailleurs – afin de lui éviter de mélanger les genres lorsqu’il prend la parole en public. Notez ! C’est parfois si drôle ! La preuve : voilà le gardien d’un temple où l’esprit marchand ne cesse de souffler qui aimerait que la postérité masturbe son ego en titane en le faisant passer pour mère Térésa. L’éventualité me paraît aussi vraisemblable que de voir, un jour, Annie Cordy diriger l’Orchestre philharmonique de Vienne ou Mimie Mathy, que ma jeune épouse adore pourtant, se transformer en pivot d’une équipe de NBA. Jadis inspiré par son nombril, ivre naguère de sa propre philanthropie, qui, pour ceux qui feindraient de l’ignorer, tiendrait dans ces enveloppes qu’il distribue ici et là, généreusement, en sous-main, Sepp Blatter a décidé de suicider son narcissisme militant – quelle ingratitude après que celui-ci l’ait aidé à décrocher quatre mandats successifs à la tête de la Fifa – et de se refaire une virginité. A septante-six ans, objecterez-vous ? Il n’est jamais trop tard, vous répondrais-je. Et pour cause ! C’est ainsi que cette immense figure de la pensée progressiste, pour qui la concurrence n’était autrefois autorisée qu’entre lui et lui-même, souhaite laisser de son passage sur tous les gazons du monde une trace autre que celles émanant des couches-culottes XXXXL de ces courtisans et bonimenteurs tous à sa botte, et dont la moyenne d’âge tient davantage du placard gériatrique alzheimérisé pareil à celui qui vient de s’ouvrir non loin de chez moi que d’une fédération internationale censée tirer son sport vers le haut. Cette dernière phrase est trop longue ? En saisir toute la justesse vous semble ardu ? Faites un effort. Relisez-la attentivement. Chaque mot qui la compose a été pesé au trébuchet de la bonne conscience. A titre indicatif : celle-là même qui devrait animer tout dirigeant digne de ce nom. Sepp Blatter appartient-il à la catégorie précitée ? Les réactions que la poursuite de son mandat à la tête de la Fifa a suscitées une fois la réélection du bonhomme coulée en force de chose jugée interpellent par leur virulence. Et que penser de l’idée qu’il vient de lancer, et qui consisterait à mettre en place un système vidéo de contrôle permettant de voir à coup sûr si le ballon a, ou non franchi la ligne de but ? A ce propos, je ne vous rappellerai pas ce qui s’est passé le 27 juin 2010 sur la pelouse de Bloemfontein, en Afrique du Sud, tandis que l’Allemagne et l’Angleterre s’affrontaient pour un ticket en quart de finale de la Coupe du Monde. Ce jour-là, un tir de Frank Lampard, etc, etc, etc. Ce jour-là, l’arbitre du match, l’Uruguayen Jorge Larrionda, laissa le jeu se poursuivre comme si de rien n’était alors que, etc, etc, etc. Ce jour-là, l’injustice péta au nez des Anglais comme l’élastique de la petite culotte d’une femme de chambre new yorkaise péta quelques mois plus tard au nez d’un célèbre homme politique français. C’est pour éviter que pareilles injustices se répètent – je ne parle pas là du dénommé DSQ – que Sepp Blatter veut faire évoluer les choses. Fini les goals-fantômes. Vive la technologie. A bas l’archaïsme et l’orgueil dans lesquels la Fifa et son bras séculier, l’IFAB, qui est la garante des lois du jeu, se complaisent avec un tel parti pris qu’elles ne se gênent plus, désormais, pour enfiler plusieurs couches de capotes sur leur âme tant convoitée par le progrès : surtout ne pas être contaminées ! Notez que moi, je suis contre la vidéo dans le football, les ballons à puce et les couillonnades du même genre. Mais cela, c’est une autre histoire. Vous la connaîtrez un jour. Peut-être. Mais pas garanti. D’ici là, attardons-nous plutôt sur celle que Sepp Blatter nous raconte. Avec une délicatesse de tractopelle, celui qui a été réélu en juin 2011 sur un score stalinien (186 voix sur 203 bulletins) et avec des soupçons de corruption en bonus – remarquez : je n’ai pas osé écrire « en prime » –, a caramélisé à grosses louches les pages saumon de la « Gazzetta », s’arrangeant pour déposer au même moment, sur le site du « Mundo », une épaisse couche de gaz hilarant. En ce qui me concerne, je n’en suis toujours pas revenu d’entendre Sepp Blatter en appeler ainsi à la « déontologie », à la « transparence », à la « clarté » et à la « morale » ! Ces termes me semblent aussi peu appropriés que si le roublard qui les a prononcés m’annonçait son intention de repeindre le désert avec un pinceau. Cocasse, non, voire franchement suspect qu’un type qui gigote depuis autant d’années dans les sables mouvants de l’opacité se mette enfin à apercevoir la lumière par l’entrebâillement d’une porte que sa rédemption vient, comme par miracle, de déverrouiller. Et si, tout bêtement, Papy Blatter était devenu maboul…

Dominique           

15:26 Écrit par Dominique dans En marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

L'arbitrage vidéo, très peu pour moi.

Fabienne

Écrit par : hotel luxe | 19 décembre 2011

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Perso la video non, les erreurs d'arbitrage font partie intégrante d'un match de foot

Écrit par : jeu de foot en ligne | 27 juillet 2012

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